ROUTE COLONIALE N° 6 (A André Perceval)

Dans le nord-est du Vietnam la route qui mène de la capitale, Hanoï, à Diên Biên Phu, de sinistre mémoire, est l’ancienne Route Coloniale N° 6  (QL6)  jusqu’à Tuan Giao puis la route N° 279, autrefois simple piste et aujourd’hui billard bien roulant

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L’ensemble devrait être classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco tant il est superbe

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C’est cette route que Ginette et Bébert se devaient de « faire » (comme ils avaient « fait » la Route 66) et, dans cette perspective, il leur fallut se  procurer:

  • une moto

L1120721(Si l’on peut appeler ce véhicule ainsi. Dans un premier temps ils avaient envisagé de louer une « vraie »moto, à savoir une moto de trail plus puissante mais, à l’essai, les petites jambes courtes de Bébert ne touchaient pas par terre toutes deux ensemble; c’était l’une ou l’autre; ils revirent donc leurs prétentions à la baisse et bien leur en prit : cette Honda Future  de 125 cc s’avéra La machine adaptée aux routes du Vietnam. Ils ne devaient d’ailleurs croiser aucune « vraie » moto…)

chez un loueur de confiance ayant pignon sur rue

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et, Ginette en ayant toujours rêvé sans jamais pouvoir se l’offrir,

  • un pantalon de pluie

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La pluie, en effet, et aussi le brouillard devaient être au rendez-vous au début de leur voyage

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mais très vite le soleil devait arriver

et c’était bien les lunettes de soleil de Bébert qu’un officier de police, après l’avoir fait stopper par l’un de ses subalternes,

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tenta de se faire offrir avant de les essayer et de constater qu’étant aussi correctrices elles ne lui seraient d’aucune utilité…

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Le voyage se poursuivit sans encombre, même si,  pour visiter quelques hameaux de Thaïs Noirs (de la couleur des vêtements portés par leurs -belles- femmes), il fallut parfois emprunter des chemins interdits aux automobiles :

et après trois jours de beauté ils arrivèrent là où, soixante-et-un ans auparavant s’étaient affrontés le corps expéditionnaire français

L1110620                                            (Ne dirait-on pas trois loubards qui viennent de voler une voiture ?)

et les stratèges vietnamiens

L1130174                                        (Photo de propagande, bien sûr.)

Ces derniers ont gagné, mais l’Histoire a parfois des ironies apaisantes pour les vaincus : alors que les vainqueurs ont multiplié

les monuments à la victoire

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les  avenues de la victoire

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et les musées de la victoire

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tous plus hideux les uns que les autres, un légionnaire français, de sa propre initiative et sans aide, à la lisière du champ de bataille

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a érigé cet émouvant cénotaphe à ses trois mille camarades morts dans la bataille (et deux fois plus dans les camps !) dont les corps n’ont jamais été retrouvés

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REQUIESCANT IN PACE.

B.

5 réflexions sur “ROUTE COLONIALE N° 6 (A André Perceval)

  1. Très belle initiative de votre part et merci de nous faire partager ce trajet pour aboutir à un site
    qu’il est important de ne jamais oublier.

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  2. La route est belle.
    On a dû mal à croire qu’il y a 61 ans c’était un lieu de terribles affrontements !

    Bébert n’a pu résister à la moto, bien que ce ne soit , ni une harley, ni une royal enfield……

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  3. « total respect » pour nos Bébert et Ginette! Ce pont en aurait intimidé plus d’un:
    Les américains se seraient fait hélitreuiller et les allemands auraient reconstruit un pont plus solide.
    Ganesh veille sur vous…

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  4. A la fois beau et triste… tristes les souvenirs de la RC 4 et RC6, des colonnes Charton et Lepage…les livres « je ne regrette rien » et « le manifeste du camp n°1 » se souviennent..Si loin déjà. Nous vous embrassons affectueusement. Gérard

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  5. Quelle maîtrise ! vous franchissez sans ciller un pont de singe au revêtement plus que douteux. Transformer ses peurs en analyse factuelle pour ne plus considérer que l’objectif, voilà la vraie sagesse.
    Quant à cette ambiguïté entre la beauté du paysage et les horreurs qui s’y sont déroulées, elle ne cesse de m’étonner par sa constance : la nature reprend rapidement ses droits, et l’homme reprend sa folie, mais dans un autre lieu.

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